02 – Décollage

Alfred Ernest Stanley COOPER, pilote
Simon McCALLUM, navigateur

Les aéronefs décollent toutes les vingt secondes. A 21h25, l’Avro Lancaster type BIII ND825 AS-J2 s’élance à son tour sur la piste. Ses quatre moteurs, des Packard Merlin, de 1620 chevaux chacun, peinent à arracher à la gravité ce lourd équipage de métal chargé de bombes et de kérosène. Il semble hésiter un long moment entre ciel et terre, puis s’élève doucement.

Alfred Ernest Stanley Cooper est aux commandes. Il est originaire de Boscombe, en Grande-Bretagne, où Mr et Mrs E.J. Cooper, ses parents, résident encore. Il a gardé de l’enfance cet air juvénile qui cache la trentaine atteinte et l’expérience acquise. Il a été promu Pilote Officer le 31 mars, il y a moins d’un mois. Dans le cockpit, à sa droite, le poste de co-pilote a été supprimé. Les lourdes pertes subies par la R.A.F. depuis le début de la guerre ont décimé ses rangs : elle manque de pilotes. Le mécanicien l’assiste pour les phases délicates que sont le décollage et l’atterrissage.

Le Sergent Simon McCallum, navigateur, est Anglais. Tout à ses cartes et à ses règles, il doit amener le pilote à prendre la vague des trois cent vingt-et-un autres bombardiers en route vers l’Allemagne. Le plan de vol prévoit une formation serrée afin de garantir un passage sur l’objectif en moins de 12 minutes, dans le but de ne pas laisser trop de temps à la défense ennemie pour s’organiser.

Lire la suite : Cap Sud-Est >

< Page précédente