13 – Epilogue

Sept décennies

Sept semaines plus tard avait lieu le débarquement. La guerre prit fin au printemps suivant. Quelques années passèrent ; celles du renouveau. Louis et Anne-Marie se rencontrèrent, se marièrent, eurent des enfants, auxquels ils transmirent leurs témoignages, concrétisés, les jours de Toussaint, par les visites rituelles sur la tombe énigmatique. C’est ainsi que cet évènement fut toujours présent dans ma vie.

Afin d’en retracer l’histoire et de pérenniser son souvenir, j’ai réuni les éléments d’un immense puzzle, dispersés dans le monde entier, mais rendus accessibles par internet et les traducteurs en ligne ; chaque morceau de ce puzzle se dérobant, tel un objet fractal, en une multitude d’autres énigmes sous-jacentes. Je les ai tous examinés, assemblés, testés, réassemblés, confrontés à des calculs théoriques. Certaines pièces manquent, comblées par des hypothèses plausibles ; d’autres probablement sont déplacées. Toutes peuvent s’enrichir de la mise au jour d’informations nouvelles. Ce récit ne prétend pas établir définitivement la vérité historique même si chaque détail, fût-ce le plus insignifiant, a été rigoureusement contrôlé. La complexité, la mouvance, l’enchevêtrement des faits de guerre laissent immanquablement une part au doute.

Si quelques flous subsistent, un peu de recul devrait donner à l’image une netteté suffisante pour réinsuffler à ces sept hommes, jeunes pour toujours, un peu de la vie qui leur a manqué.

Yvon Georgel
à Gérardmer, le 21 avril 2014

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