12 – Les funérailles

Granges-sur-Vologne
Défilé interdit

Sorti des habitations du village, des fermes aux alentours, des cités ouvrières, le peuple de Granges, hommes, femmes et enfants, venant de toutes parts, chemine à pied, processionne, se rencontre, se salue, parle peu, se regroupe, remplit l’église. Sept cercueils sont alignés devant le chœur. La nef est bondée, déborde sur le parvis. Par leur présence, tous ces gens expriment la gratitude qu’ils éprouvent envers sept combattants, la plupart à peine sortie de l’enfance, venus défendre leur liberté. Ils sont là aussi par déférence envers les familles des aviateurs. Ils font corps avec elles contre l’adversité, la violence et la peine.

Après la cérémonie, chaque cercueil est porté par quatre pompiers aux casques étincelants. Le convoi s’organise, emprunte l’artère principale, la rue David. Mais les autorités d’occupation ont défendu de le suivre. D’un seul mouvement spontané, sans agitation, un cortège parallèle s’organise ; un crochet par la ruelle des Bas-Champs et le défilé interdit progresse dans la rue Aristide Briand, au même rythme que le convoi funéraire officiel.

Anne-Marie, venue des Evelines, marche au cœur de cette assemblée silencieuse, recueillie, déterminée. Les deux courants confluent à l’entrée du cimetière. Equipage de circonstance, compagnons pour l’éternité, la terre se referme sur Alfred Ernest Stanley Cooper, Simon McCallum, Eric Moore Thompson, Kenneth Rowley, Eric Alfred Cryer, Leonard Percival Oughton, Charles William Eric Tiplady.

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